La formation et les carrières d’ingénieurs des non-musulmans dans l’Empire ottoman, des Tanzimat à la Grande Guerre (1839-1914)
Exclus des écoles militaires de génie, les Arméniens, Grecs et Juifs accèdent progressivement aux formations civiles d’ingénierie dans l’Empire ottoman à partir du milieu du xixe siècle, sous l’impulsion des réformes des Tanzimat proclamant l’égalité entre tous les sujets de l’empire sans distinction de nationalité ou confession. Si certaines écoles spécialisées offrent des perspectives au sein des corps techniques de l’État, ces avancées demeurent fragiles. Sous Abdülhamid II (1876-1909), les politiques d’islamisation de l’enseignement et des corps d’ingénieurs restreignent de nouveau l’accès des non-musulmans à ces dispositifs, contraignant certains à se former en Europe ou à l’exil. La révolution jeune-turque de 1908 relance brièvement le projet d’une formation technique égalitaire, rapidement compromis par la Grande Guerre. À la lumière de ces constats, l’article analyse l’intégration et les trajectoires des sujets ottomans non musulmans au sein des dispositifs de formation et des carrières d’ingénieurs mis en place par les différents régimes politiques dans l’Empire ottoman, de l’ère des Tanzimat à la Grande Guerre.