Des militantes du désordre. Femmes et communistes à Tunis, 1921-1922

Par Élise Abassade
Des femmes s’engagent en faveur de la Fédération tunisienne de la Section française de l’Internationale communiste (SFIC), à Tunis, dès sa première année d’existence. À partir de la restitution des parcours de ces premières communistes de Tunisie, cet article interroge en quoi les archives de la police coloniale, principales sources disponibles pour documenter les premiers temps du groupe communiste, révèlent leurs faits et gestes et transcrivent les rapports sociaux en cours. Ce faisant, il examine les façons dont ces militantes investissent l’espace d’engagement politique ouvert par ce parti, prônant indépendance de la Tunisie et égalité entre toutes et tous. Si la Fédération constitue un cadre propice à leur présence, les difficultés qu’a cette organisation politique à se saisir des injonctions soviétiques à l’égard des femmes comme des faits de langage policiers mettent en exergue la transgression que représente l’engagement de ces premières militantes, ce que confirme leur trajectoire.
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