Devenir une « ville rouge » en banlieue parisienne et le rester

Par Emmanuel Bellanger
Le Parti communiste est encore aujourd’hui associé à l’imaginaire subversif de la banlieue rouge, d’essence populaire et révolutionnaire. Cet imaginaire prend racine dans les années qui suivent la fondation de la Section française de l’Internationale communiste (SFIC). Il a pour épicentre la banlieue parisienne, foyer de l’industrialisation, de la centralité ouvrière et de l’expérimentation de la radicalité politique. Dès 1920, la banlieue rouge devient le lieu de la mise à l’épreuve de l’engagement militant, source de reconnaissance et de légitimation. Pour ses adversaires, ces territoires emblématiques de l’implantation communiste sont au contraire des zones de désolation et de séparatisme politiques. Emblème d’une contre-société portée par une « culture de bastion » où l’on rejette « l’illusion réformiste » et le « crétinisme municipal », la ville rouge est pourtant dès sa fondation un espace de confrontation et d’accommodement avec le réel. Pour mieux saisir cette tension inhérente à l’exercice des responsabilités et du pouvoir local, cet article met en perspective une matrice du communisme en France : sa matrice municipale, jamais théorisée ni totalement assumée, qui permet, en 2020, à ce parti de se prévaloir d’une assise très fragmentée et exsangue mais toujours active dans certaines villes de la banlieue parisienne.
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