Lire les mots de Pierre Laborie… « parce qu’ils étaient eux-mêmes une histoire »

Lectures de Pierre Laborie
Par Olivier Loubes
Cet article donne à lire les mots de Pierre Laborie de deux façons. D’abord en analysant leurs fonctions essentielles dans l’écriture de l’histoire propre à Laborie. Puis en proposant une sélection de définitions de mots puisée aux textes mêmes de Pierre Laborie. Pour l’historien de l’imaginaire social, les mots sont cruciaux car son objet – les phénomènes d’opinion – est résistant aux lectures simples. Plus que d’autres, il nécessite « moins de parler des mots que de les faire parler ». Si on ajoute, au regard de son histoire personnelle, qu’ils aident à « faire reculer les ensevelissements de la mort », on comprend qu’ils jouent dans son œuvre un rôle crucial d’intercesseurs d’étrangeté (Carlo Ginzburg). C’est que, pour Pierre Laborie, les mots fonctionnent comme des écrans de temporalités, c’est-à-dire qu’ils nous permettent de restituer la concordance des temps de ce qui s’est passé dans les sociétés étudiées, futurs compris. En ce sens, ils sont « eux-mêmes une histoire ».
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