Frédéric Chauvaud, Justice et déviance à l’époque contemporaine : l’imaginaire, l’enquête et le scandale, 2007

Chauvaud (Frédéric), Justice et déviance à l’époque contemporaine : l’imaginaire, l’enquête et le scandale. Rennes, PUR, 2007, 392 pages. « Histoire ».

par Jean-Claude Farcy  Du même auteur

Ponctuant une production impressionnante – l’auteur évoque une sélection au sein d’une centaine de textes, note 1, p. 383 –, ce dernier ouvrage de Frédéric Chauvaud rassemble vingt-sept de ses articles et contributions à des volumes de Mélanges et actes de colloque. Le titre résume parfaitement le contenu de l’ensemble comme l’approche historique qui est celle de l’auteur. Il est essentiellement question de la criminalité et de la justice pénale dans la France du 19e siècle, étudiées sous diverses facettes, mais principalement sous l’angle de leurs représentations sociales.

Les titres des chapitres de la première partie – « Au cœur de l’imaginaire judiciaire » – comme leur contenu sont à cet égard des plus significatifs : Les monstres évoquent aussi bien la violence monstrueuse que le tueur sanguinaire ou l’attentat politique, Les ressorts de l’angoisse rassemblent trois études sur les figures de la violence juvénile, de la récidive et les « insupportables violences » des criminels d’exception, Représenter la justice donne en exemple les représentations dans les médias de la petite délinquance, du public féminin des cours d’assises et de la prison. Un second ensemble de contributions est groupé autour du thème de l’enquête judiciaire : les études sur les lieux du crime et les indices vont dans le sens d’une montée en puissance du rôle des experts dans l’œuvre de justice au détriment de la parole des témoins. La dernière partie s’interroge sur la justice pénale à l’épreuve du temps, celui des réformes timides ou impossibles comme des scandales qui remettent en cause l’institution dans l’opinion – erreurs judiciaires, sévices dans les maisons de correction –, en notant l’incertitude d’une « rationalisation » dont témoignent professionnalisation des magistrats et usage de la statistique criminelle.

Chaque chapitre est précédé d’une courte introduction et la présentation d’ensemble développe l’idée que les « perceptions de la justice pénale et de ses transformations », objet du livre, reflètent l’évolution des imaginaires sociaux. C’est dire que ces jalons utilement rassemblés témoignent parfaitement d’une approche qui n’épuise pas évidemment toute l’histoire du crime et de la justice, dès lors que l’on souhaite aller au-delà des représentations des contemporains.



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