André Léo. Coupons le câble ! Critique de la pensée religieuse. Edition préfacée et annotée par Alice PRIMI.

Paris, Editions Dittmar, 2012, 115 pages.

par Irène Pereira  Du même auteur

Coupons le câble!Andre´ Le´o. Coupons le câble!: Critique de la pensée religieuse Paris,éditions Dittmar, 2012,116 p. 
L’historienne Alice Primi propose une réédition critique de l’ouvrage< testament de la femme de lettres, démocrate et socialiste, André Léo (1824-1900) - paru pour la première fois en 1899 - Coupons le câble ! Critique de la pensée religieuse.

Suivi d’une chronologie historique mettant en perspective la vie de l’auteure, ainsi que d’une bibliographie de ses œuvres et des ouvrages qui lui ont été consacrés, le texte d’André Léo est précédé d’une introduction d’Alice Primi. Celle-ci situe politiquement l’auteure, replace la publication de l’œuvre dans le contexte des lendemains de l’affaire Dreyfus et en propose une lecture libertaire.

Le texte d’André Léo commence par souligner le caractère ambivalent de la religion : créatrice de lien mais également source de conflit entre les peuples sur fond de fanatisme. La religion apparaît comme un besoin né de l’imagination de l’humanité, correspondant à un état de développement inférieur de la raison quoiqu’elle mette en avant la puissance de l’esprit sur la matière. La tonalité libertaire du texte apparaît surtout dans la relation que l’auteure établit entre religion et pouvoir politique hiérarchique. En creux, et à l’inverse, l’auteure dessine une autre conception possible de la société : « le peuple ne pourra s’entendre qu’en se groupant en de grandes familles, ou petites communes,< qu'il gouvernera par lui-même » (p. 34).

Même si l’auteure est connue pour son engagement socialiste, elle n’en proclame pas moins l’importance de l’émancipation de l’individu. Le collectif ne peut pas s’établir selon elle sur la négation des droits de l’individu. Il ne peut pas y avoir opposition entre les deux principes : l’individu est la condition de possibilité de la communauté sociale. C’est ce que n’avaient pas su réaliser les monarchies religieuses.

Dans la conclusion de son texte, elle met en relief les risques de confusions entre le politique et le religieux et en particulier met en garde contre le danger qu’elle voit poindre d’une nouvelle emprise des jésuites au sein de la République durant les années 1890.

Si Alice Primi rappelle l’engagement féministe d’André Léo et la tonalité libertaire du livre, on peut néanmoins s’étonner de ne trouver dans son introduction aucune référence à une thématique que l’on trouve pourtant chez le très peu féministe Proudhon, à savoir le lien entre principe gouvernemental, théologie et pouvoir patriarcal.

Irène Pereira.



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