Alberto Maria Banti et Roberto Bizzocchi (dir.), Immagini della nazione nell’Italia del Risorgimento, 2002

Maria Banti (Alberto) et Bizzocchi (Roberto), sous la direction de, Immagini della nazione nell’Italia del Risorgimento. Carocci, Rome, 2002, 219 pages.

par Catherine Brice  Du même auteur

Dans ce recueil issu d’une série de séminaires dont furent retenues 9 contributions, ouvertes par une riche introduction, Alberto Maria Banti et Roberto Bizzocchi cherchent à comprendre l’efficacité du discours national-patriotique du Risorgimento, malgré des conditions de circulation et de diffusion rendues difficiles par la censure qui existait dans les anciens États italiens. Se repose ici une question à laquelle Alberto Maria Banti a tenté de répondre dans un livre récent : pourquoi y a-t-il des mythes qui « fonctionnent » et d’autres non, et dans quel terreau doivent-ils s’inscrire pour véritablement devenir efficaces, générateurs d’engagement personnel ou d’enthousiasme collectif ?. Question fondamentale pour qui s’intéresse au processus de construction nationale, et qui présuppose donc une davantage une « construction » qu’une « invention » (E. Hobsbawm, T. Ranger) des traditions, doublée d’une réception positive. C’est peut-être là que la cohérence des articles rassemblés ici ne semble pas évidente. En effet, si chacune des contributions tente d’intégrer à la fois la représentation de la nation fabriquée et transmise par des supports aussi différents que des travaux d’historiens (Banti et Bizzocchi), des représentations cartographiques (Pécout), ou iconographiques (Mazzocca), des séries statistiques (Patriarca), l’édition (Palazzolo), la musique (Sorba) ou la vie racontée de personnages comme Garibaldi (Riall) ou Catherine de Sienne (Scattigno), le problème de la réception de ces mythes nationaux reste évidemment très différencié si l’on traite de travaux d’érudits ou d’opéra lyrique, de carte géographique ou du mythe de Garibaldi. Ce n’était pas le but de ce livre, au demeurant passionnant, mais l’étude fine des catégories susceptibles de recevoir et de transmettre ces mythes national-patriotiques et l’identification des réseaux de circulation restent évidemment indispensables pour comprendre comment ce discours s’est diffusé, auprès de qui, et avec quelle chance d’être entendu et accepté.

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