« Une nécessaire opération de reclassement ». Sociobiographie du Comité directeur de la SFIC (1920-1925)

par Paul Boulland  Du même auteur

      Julian Mischi  Du même auteur

Résumé

Combinant la biographie collective des cent treize membres du Comité directeur de la Section française de l’Internationale communiste (SFIC) avec l’analyse quantitative de leurs réunions entre 1920 et 1925, cette contribution analyse les logiques sociales qui travaillent de l’intérieur le collectif en train de se former. Dans cette période d’instabilité, l’établissement de la direction communiste résulte d’un double processus qui conduit divers groupes sociaux et militants vers un parti en cours de constitution, où ils trouvent ou non leur place. La parole paraît originellement monopolisée par les dirigeants présentant un profil intellectuel qui dominent initialement le groupe, alors caractérisé par une proportion élevée de femmes. L’étude met en avant l’affirmation progressive de militants jusque-là peu impliqués dans la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et ses courants, dont la légitimité se fonde sur leur jeunesse, leur expérience de la Première Guerre mondiale, et pour une part sur leurs origines ouvrières.

Plan de l’article
  • Étudier le groupe dirigeant de la SFIC
    • Des contours à interroger
    • Sources et méthodes
    • Un groupe en constant renouvellement
    • Assiduité et participation aux débats
  • L’évolution de la composition du Comité directeur
    • Âges et générations
    • Héritages et parcours militants
    • La part des femmes
    • Origines sociales et socialisation
    • Un groupe dirigeant initialement peu ouvrier
  • L’impact des expériences combattantes
    • L’empreinte massive de la guerre
    • La légitimité du feu