La production des élites en Suisse

Finishing schools. Le déclin des pensionnats internationaux de jeunes filles en Suisse (1950-1970)

par Caroline Bertron  Du même auteur

Résumé

Les « finishing schools » en Suisse ont été particulièrement recherchées par les bourgeoisies et aristocraties européennes et américaines depuis la fin du XIXe siècle. Les séjours dans ces pensionnats de jeunes filles étaient alors dédiés à l’apprentissage d’une féminité d’élite par le voyage, la maîtrise des langues étrangères et des arts d’agrément. À partir de l’analyse des archives du Bureau de l’enseignement privé du canton de Vaud, l’article montre que le secteur local des finishing schools est toujours dans les années 1950 peu stabilisé du point de vue des clientèles, des structures et de leur reconnaissance par les autorités. Dans les années 1960, les normes et les pratiques partagées entre les familles bourgeoises et les directeurs des établissements, qui contribuaient à assurer et reconduire l’existence de ces écoles, cessent d’être évidentes. L’article vise à saisir, durant cette période, la place de plus en plus relative qu’occupent ces institutions pour l’éducation des filles, en regard des transformations des attentes éducatives dans les milieux sociaux très favorisés.

Plan de l’article
  • La réputation des finishing schools au cœur du cadre législatif de 1938
  • Des petites entreprises de l’éducation transnationale (1950-1968)
  • Les « bonnes mœurs » du marché ou la régulation morale de l’offre
  • Relations scolaires internationales et transformations des attentes éducatives (1964-1970)