Ressorts et limites d’une prise de conscience féministe dans les conflits du travail (Roubaix, années 1970)

par Ingrid Hayes  Du même auteur

      Karel Yon  Du même auteur

Résumé

Cet article s’appuie sur l’analyse de deux mobilisations ayant eu lieu dans les années 1970 au cœur du bassin roubaisien, à La Redoute, entreprise de vente par correspondance, et dans les tissages Deffrenne, deux entreprises qui ont en commun leur forte féminisation. Il tente de rendre compte des conditions de possibilité d’une conscience féministe dans les conflits du travail et de l’émergence d’un féminisme ouvrier, partant du constat de la grande variété des situations et des limites manifestes que ces phénomènes rencontrent. Dans cette perspective, sont pris en considération à la fois les caractéristiques des configurations de travail et celles de l’espace de la représentation ouvrière, ainsi que les effets des situations de mobilisation et des acteurs et actrices qui les animent.

Plan de l’article
  • Roubaix dans les années 1970, entre crise et reconversion économiques
    • Textile et distribution : deux âges du capital roubaisien
    • Deux entreprises féminisées, aux deux extrémités du processus de désindustrialisation
  • Les visages de l’insubordination (des) ouvrière(s)
    • À La Redoute, les femmes en pointe dans la contestation des conditions de travail
    • Chez Deffrenne, des femmes mobilisées derrière « les délégués »
  • Les chemins difficiles du féminisme ouvrier
    • La structuration de l’espace militant dans les usines
    • Passeuses, passeurs et gardes-frontières
    • Questionnements individuels et collectifs des rapports de genre