Femmes dans le mouvement familial : un militantisme populaire et genré (1935-1957)

par Geneviève Dermenjian  Du même auteur

Résumé

Les Mouvements familiaux populaires (1935-1957), créés par des anciens de la Jeunesse ouvrière chrétienne et de la Jeunesse ouvrière chrétienne féminine (JOC-JOCF), mettent les femmes du milieu populaire au centre de leurs préoccupations, dans une volonté de promotion collective. L’organisation voulait les former en tant que militantes actives dans le quartier et aptes à faire face aux difficultés quotidiennes. Ce militantisme de quartier, qui les sortait de leur intérieur, les autonomisait, leur apprenait au fil du temps à parler en public et à prendre des responsabilités, à gérer les services proposés aux femmes du quartier, à se former à la mixité et à la politique. De mères de famille limitées à leur intérieur, elles sont devenues des femmes plus autonomes, plus responsables, plus ouvertes à la vie moderne et aux questions de société.

Plan de l’article
  • Militer, pourquoi, comment
    • Les conditions de vie du milieu populaire dans le deuxième tiers du XXe siècle
    • Militer : une « réponse aux besoins »
    • Vers les « problèmes généraux »
  • Un mouvement de foyers
    • Femmes et couples dans les mouvements familiaux populaires
    • Femmes et hommes dans le militantisme du quotidien
    • Un certain retrait
  • « Déplacer les limites », une redéfinition de la place des femmes ’
    • Accepter d’agir dans l’illégalité
    • Transgresser les espaces et les rôles féminins
    • Le temps des militantes
    • Rapprocher le monde féminin et le monde masculin
    • Une femme différente
    • Limites et ambiguïtés de l’action des femmes
  • Trois parcours types de militantes
  • Un même bain social et culturel
    • Jeanne Aubert-Picard (1909-2003)
    • Colette Taisne (1918- ’)
    • Françoise Mathieu, épouse Villiers (1922-2010)
  • Un même trajet d’ensemble