La justice sociale pour toutes et tous ?

Promouvoir la santé au travail comme droit social (1919-1940) ?

par Isabelle Lespinet-Moret  Du même auteur

Résumé

Au titre des principes fondateurs de justice sociale et d’universalité des droits sociaux liés au travail, et afin d’améliorer les conditions de travail et de préserver la santé des travailleurs, l’Organisation internationale du travail (OIT) se préoccupe d’hygiène industrielle, de maladies professionnelles, d’accidents du travail et d’exposition au danger industriel de certaines catégories de main-d’œuvre. La santé des travailleurs est conçue comme un bien commun, que l’OIT doit défendre par la réparation et la prévention. La politique du Bureau international du travail est d’en faire un droit social, au même titre que l’assurance sociale, la réduction du temps de travail ou le droit syndical. Les revendications ouvrières et syndicales d’un droit à la santé convergent avec les préoccupations du camp de la réforme sociale, inquiet des risques de délitement du corps social, mais se confrontent aux intérêts économiques de l’industrie, dans un contexte de reconstruction, de concurrence, de développement et de crise. La question doit se résoudre en un compromis politique.

Plan de l’article

  • Observer et informer scientifiquement les questions de santé au travail, un préalable à une réforme sociale juste
  • « … dans toutes ces usines, j’ai observé les choses et les hommes – et la peine des hommes »
  • Les femmes invisibles dans les pathologies professionnelles et les accidents du travail
  • Établir des normes en matière de santé au travail afin de garantir l’intégrité physique et morale des travailleuses et des travailleurs ’
  • Universalisme ou principe de réalité ’
  • Vers plus de justice sociale grâce à la reconnaissance du droit de la santé au travail ’

Autres articles du dossier La justice sociale pour toutes et tous ?