Universalisme, justice sociale et développement

L’OIT et le problème du sous-développement en Asie dans l’entre-deux-guerres

par Véronique Plata-Stenger  Du même auteur

Résumé

Cet article offre un panorama de l’évolution des préoccupations et de l’action de l’Organisation internationale du travail (OIT) en Asie, région qui apparaît aux yeux de ses membres comme « arriérée ». L’une des préoccupations qui ont cristallisé les débats entre les puissances occidentales et les pays asiatiques dans l’entre-deux-guerres a été la compétition économique. L’OIT a été un forum important de discussions sur les moyens de lutter contre la compétition déloyale et d’intégrer tous les territoires dans l’économie internationale. Ce thème de la compétition économique met aussi en lumière le rôle de l’OIT dans la construction d’une représentation différenciée des problèmes du travail et du sous-développement, qui s’articule autour de l’impératif de modernisation de la production et de la planification, dans le but d’élever le niveau de vie des travailleurs. L’étude des modalités d’action de l’OIT en Asie invite ainsi à réfléchir sur les liens qui se tissent dès l’entre-deux-guerres entre justice sociale et développement international.

Plan de l’article

  • Les limites de l’universalisme : une justice sociale à deux vitesses à l’OIT
  • Compétition déloyale, exploitation coloniale, tentation communiste : les enjeux de la diffusion du progrès social en Asie
  • Les formes de la coopération OIT-Asie : entre expertise et diplomatie

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