Nostalgies paradoxales et constructions identitaires

Grozny : réinventer une « petite Union soviétique » dans le Caucase

par Walter Sperling  Du même auteur

      Alban Lefranc  Du même auteur

Résumé

L’article analyse les ambiguïtés de la vie quotidienne soviétique dans le Caucase, en explorant le pluralisme ethnique de la ville de Grozny, et les façons dont ce souvenir est mis en scène et convoqué dans la Russie postsoviétique. Grozny peut être vu comme une métaphore pour d’autres communautés postsoviétiques qui regardent la période de transformation des années 1990 comme une catastrophe. Pour la communauté multiethnique de Grozny, composée de Russes, de Tchétchènes, d’Arméniens ou de Juifs, la perte n’est pas qu’une métaphore, mais une expérience concrète liée à deux guerres désastreuses qui ont ravagé le Nord Caucase. La construction mémorielle de Grozny, « notre petite Union soviétique », comme la désigne la communauté transnationale des anciens habitants de la ville, peut être vue comme un effort pour restaurer une identité perdue et rétablir un réseau de relations détruit par la violence et la guerre.

Plan de l’article
  • Nations et définitions de soi (inter)nationales à Grozny
  • « Petite » et « grande » patrie dans les souvenirs de l’Union soviétique
  • Remémoration postsoviétique dans le contexte de la mondialisation

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