Migrations algériennes

Pouvoirs et pratiques de l’expulsion des étrangers en Algérie au XIXe siècle : un outil colonial de gestion des flux migratoires

par Hugo Vermeren  Du même auteur

Résumé

Cet article revient sur l’élaboration du pouvoir d’expulsion du gouvernement général de l’Algérie, le flou juridique qui l’entoure et les cadres de son application au XIXe siècle. Mesure expéditive et discrétionnaire, l’expulsion constitue, comme en métropole, un outil de régulation des flux migratoires mais ne vise pas tout à fait les mêmes catégories sociales et juridiques. Prévu à l’origine pour éloigner les individus jugés dangereux pour la sécurité de la colonie, les décisions d’expulsion visent un panel d’immigrants étrangers mais aussi métropolitains toujours plus large à mesure que se durcissent les conditions d’entrée et de séjour et que se politisent les conflits du travail. Les sources consultées en France, en Italie et en Algérie permettent de confronter les regards sur cette pratique qui contribue à fragiliser le statut des étrangers à la fin des années 1890, alors même que la crise économique et politique algérienne atteint son apogée.

Plan de l’article
  • L’omnipotence du gouverneur général en matière d’expulsion sous la monarchie de Juillet
  • Après 1848, un flou juridique autour de l’expulsion ’
  • L’usage croissant de l’expulsion dans les années 1890
  • Le rôle limité de la Commission commune pour les expulsions et l’internement