Les Bourses du travail : entre éducation politique et formation professionnelle

par David Hamelin  Du même auteur

Résumé

Les Bourses du travail au tournant des XIXe et XXe siècles, malgré leur importance dans l’histoire sociale, restent mal connues, notamment en ce qui concerne leurs fonctions éducatives. Fondé sur l’analyse des congrès syndicaux, de la presse syndicale et des réalisations concrètes dans certaines Bourses du Centre-Ouest, cet article montre en quoi les pratiques au quotidien des militants des Bourses amènent progressivement l’ensemble de la CGT à modifier ses approches en matière d’éducation ouvrière. Si les conceptions idéologiques des principaux leaders de la CGT restent prégnantes, le pragmatisme, mais aussi les réelles difficultés éprouvées mettent à mal les discours d’autonomie ouvrière ou de défiance à l’égard des Universités populaires. L’émergence de la figure de l’enseignant au sein de la CGT dans les années 1910 achève cette mutation en familiarisant les ouvriers aux potentialités de l’école républicaine, qu’il est possible de transformer de l’intérieur et en imaginant un enseignement universitaire pour les ouvriers.

Plan de l’article
  • Des objectifs théoriques en proie aux réalités
  • Une réflexion qui se poursuit après sa mort
  • Un modèle qui montre des signes d’insuffisances
  • Un déploiement des activités éducatives déterminé par les contextes locaux
  • Favoriser l’acquisition d’une culture générale
  • Encourager l’auto-éducation
  • Informer pour comprendre et partager : le rôle de la presse syndicale
  • Apprendre par les arts et le divertissement
  • Le tournant de 1910 : la priorité de l’éducation des enfants
  • Le développement des sections de pupilles
  • À la recherche de la plus-value pédagogique
  • Conclusion