Le fétichisme de la formation et les enjeux politiques d’un dispositif centralisé. Le cas du Centre fédéral de formation de la FEN (1976-1982)

par Guy Brucy  Du même auteur

Résumé

Au début des années 1970, la FEN est la plus puissante des organisations syndicales de l’Éducation nationale et de la fonction publique. Mais elle est en même temps confrontée à la progression régulière des minorités internes qui menacent le pouvoir de la tendance majoritaire qui la dirige. En 1976, sa direction met en place un dispositif de formation dont l’objectif est de renforcer le pouvoir fédéral et de préserver l’avenir de la majorité en structurant un réseau de sections départementales. L’organisation des stages, leur encadrement par une équipe d’animateurs-formateurs adhérant aux thèses majoritaires, la sélection des savoirs dispensés et les pédagogies privilégiant l’activité collective des stagiaires visent à former un nouveau type de militants animés de l’esprit fédéral et indépendants des appareils des syndicats nationaux. Ce dispositif cristallise très tôt l’opposition à la fois des plus importants syndicats de la tendance majoritaire – notamment le SNI –, jaloux de leur indépendance, et des syndicats dirigés par la minorité Unité et Action, qui redoutent l’instrumentalisation des sections par la tendance majoritaire. Objet d’attaques convergentes de plus en plus violentes, le dispositif sera profondément remanié au début des années 1980.

Plan de l’article
  • La création du Centre fédéral de formation (CFF)
  • Les conditions d’émergence d’une stratégie fédérale
  • Former pour construire une identité fédérale et renforcer la tendance majoritaire
  • Un dispositif de formation en adéquation avec la ligne politique fédérale
  • Les « animateurs-formateurs », missi dominici de la cause fédérale
  • Une pédagogie en rupture avec le modèle scolaire
  • Nouveau départ ou fin d’une expérience ?
  • Conclusion