Du cursus d’éducation syndicale aux parcours de formation des militants de la CGT (années 1950-2000)

par Nathalie Ethuin  Du même auteur

      Yasmine Siblot  Du même auteur

Résumé

Cet article retrace les évolutions du système d’« éducation » puis de « formation » de la CGT, en se centrant sur l’importation mais aussi l’adaptation de plusieurs modèles d’éducation : un modèle d’éducation partisan (celui du PCF), le modèle du cursus scolaire et enfin celui de la formation pour adultes. Pour rendre compte de ces emprunts mais aussi des spécificités du modèle de la CGT, on se fonde ici sur des sources de première main, celles du Centre confédéral d’éducation ouvrière (CCEO) déposées à l’Institut d’histoire sociale confédéral de la CGT, ainsi que sur des entretiens avec d’anciens permanents du CCEO. Cette exploration révèle la relative autonomie du secteur formation au sein de la confédération, et interroge les pratiques de travail des militants qui ont élaboré les programmes et modèles pédagogiques au fil des décennies au regard de leurs trajectoires syndicales, intellectuelles et sociales. L’article propose ainsi une périodisation des évolutions du modèle de formation cégétiste, depuis la période de la « syndicalisation de l’éducation » qui s’ouvre en 1947, jusqu’à celle de la « formation tout au long de la vie syndicale » qui marque les dernières années.

Plan de l’article

  • De la scission de 1947 aux années 1960 : la syndicalisation et la scolarisation de l’éducation cégétiste
  • Emprunts scolaires et spécificités syndicales : le modèle de 1965
  • Les années 1970-1980 : apogée du dispositif et ajustements du curriculum
  • Premiers ajustements et remises en cause au temps de la désyndicalisation
  • Les années 1990 et 2000 : l’aggiornamento inachevé de la formation syndicale
  • La pédagogie comme instrument de réforme
  • Conclusion