À l’école de la dissidence ?

Les usages de la formation par l'opposition interne au sein de la CFDT du début des années 1980 à 2003

par Sophie Béroud  Du même auteur

Résumé

De la fin des années 1970 à 2003, une opposition interne s’est exprimée au sein de la CFDT, d’abord sous la forme d’un réseau peu structuré puis de façon officielle, avec la constitution en 1996 de l’association Tous ensemble et du journal du même nom. Rassemblant des secteurs critiques face à la ligne confédérale, cette opposition s’est avant tout positionnée sur un plan programmatique, menant une bataille d’idées pour dire l’héritage de la CFDT, son histoire et la légitimité des orientations choisies. Dans ce contexte, la formation syndicale a représenté un domaine important pour cette opposition interne, mais sans qu’elle le considère pour autant comme une priorité stratégique. De fait, tout en ayant conscience des usages politiques que la confédération pouvait faire de la refonte du système de formation, les principales structures oppositionnelles ont abordé ce domaine de façon assez différenciée, en s’y investissant avec des moyens hétérogènes et en bénéficiant d’une autonomie plus ou moins forte. Par-delà cette inégalité de ressources et de situations, se dégage cependant une conception commune de la formation et de ses apports : doter les militants d’une grille de lecture globale sur les enjeux socio-économiques et avoir une approche « politique » du syndicalisme.

Plan de l’article
  • La formation syndicale : une préoccupation importante, mais reléguée au second rang des priorités stratégiques
  • Des moyens d’action et de pression fortement différenciés
  • Du professionnel à la critique de l’économie : former des militants « politiques »