Umm Irînî (1936-2006) : l’engagement monastique copte au féminin

par Catherine Mayeur-Jaouen  Du même auteur

Résumé

Les moniales coptes tiennent aujourd’hui une place de choix dans la communauté copte et dans la société égyptienne. Cette visibilité sociale et ce succès sans précédent sont dus au Renouveau copte et à l’action plus particulière de la charismatique Umm Irînî, morte en odeur de sainteté en 2006. Abbesse du monastère d’Abû Sayfayn au Vieux-Caire, fondatrice de trois autres couvents – annexes du précédent – et bâtisseuse d’églises, elle a rendu l’entrée au couvent attractive pour des jeunes filles coptes diplômées et militantes. Elle a contribué ainsi à affirmer un nouveau rôle social et religieux des femmes, y compris pour les laïques. Inspirée en partie par le modèle des congrégations missionnaires catholiques latines du XIXe siècle, Umm Irînî a participé au réveil de la tradition copte orthodoxe qui caractérise la deuxième moitié du XXe siècle et à son entrée dans la modernité. Irînî est devenue dès son vivant un modèle moderne d’engagement pour les femmes coptes – en partie contre le modèle patriarcal de la société et de l’Église. Morte en 2006, trente-cinq ans après le saint pape Kyrillos, elle en est l’alter ego féminin : le culte rendu à son tombeau et ses hagiographies sont une manière d’attester la promotion toute nouvelle de rôles féminins dans la communauté copte.

Plan de l’article
  • Le Renouveau copte : d’abord une affaire d’hommes
  • Changements de rôle pour les femmes
  • L’action d’Umm Irînî : un rôle sans précédent pour une religieuse copte
  • Modernité de l’action des congrégations féminines : un modèle catholique ?
  • À l’égal des hommes ?
  • La moniale, idéal de la femme copte ?
  • Couvertures des hagiographies d’Umm Irînî