L'ancrage des organisations publiques

Travailler à la marge : le Bureau International du Travail et l’organisation scientifique du travail (1923-1933)

par Thomas Cayet  Du même auteur

Résumé

Albert Thomas, le premier directeur du Bureau International du Travail (BIT), favorisa le développement d’une compétence spécifique concernant les problèmes de modernisation économique et leurs conséquences sociales. S’intéresser à l’« organisation scientifique du travail » ou à la « rationalisation » était une manière de mieux saisir les transformations qu’impliquait le développement d’une production et d’une consommation de masse. La création d’un Institut International d’Organisation Scientifique du Travail (IOST), grâce à l’aide d’une fondation américaine, le Twentieth Century Fund, permit la constitution, en marge de la Société des Nations, d’une espace original de discussion et d’appropriation de ces idées tayloristes. Cet Institut favorisa, un temps, le dialogue entre différents acteurs internationaux sur la question controversée de la conciliation de ce processus de modernisation économique avec la mise en place de réformes sociales. Cette approche générale conduisit l’IOST à s’interroger sur les différentes formes que pourrait prendre un Social Economic Planning. Même si l’IOST dut fermer ses portes en 1934, ses travaux influencèrent les études et la politique du BIT dans les années 1930 et même après la Seconde Guerre mondiale.

Plan de l’article
  • Une stratégie d’intégration progressive des problèmes d’organisation industrielle dans le système sociétaire3
  • Un lien transatlantique d’après-guerre, le scientific management
  • La création controversée de l’Institut International d’Organisation Scientifique du Travail
  • Une stratégie d’influence entre revendications sociales et justifications managériales
  • Les liens faibles d’un réseau atypique
  • Du scientific management au social economic planning : une action internationale impossible ?
  • Conclusion