Les contestations

D’un investissement culturel à l’autre. Deux générations d’employé(e)s à la FNAC

par Vincent Chabault  Du même auteur

Résumé

Dès sa fondation en 1954, la FNAC apparaît comme une entreprise « particulière » dans le secteur de la grande distribution. Spécialisée dans la vente de biens culturels, elle regroupe un personnel diplômé et engagé dans l’action syndicale. A travers l’histoire sociale de l’entreprise, l’article propose d’analyser la trajectoire de deux générations d’employés. Recrutée dans les années 1960/1970, la première génération d’employés trouve dans les spécificités de l’entreprise des moyens de compenser le déclassement à travers un travail autonome, un statut d’emploi convenable et des possibilités de mobilité interne. Les évolutions de la FNAC dès les années 1990 font émerger une deuxième génération dont les membres partagent dorénavant le travail déqualifié, des conditions salariales dégradées et le déclassement durable et contraint. À travers le cas d’une entreprise familière, c’est à la construction puis à la déstabilisation d’un salariat ainsi qu’à la succession de générations d’employés que se consacre cet article.

Plan de l’article
  • Le grand commerce culturel par des employés diplômés et militants
  • Les ressources scolaires des employés
  • Le développement d’un bastion syndical dans le grand commerce
  • Le personnel de la FNAC : une strate des classes moyennes salariées
  • L’agitateur culturel rationalisé : les transformations structurelles depuis 1985
  • La filialisation de l’entreprise : segmentation de la main-d’œuvre
  • La mise en place de la Centrale d’achats : dévaluation du métier de vendeur
  • Maintenir l’image culturelle de l’entreprise
  • De jeunes diplômés dans les emplois précaires : la deuxième génération d’employés de la FNAC
  • Renouvellement des générations syndicales dans un contexte de division
  • La « génération précaire » engagée dans le syndicat : le développement de SUD FNAC

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